I saw something touching your face
Solo exhibition, July 2016

Lauren Coullard puise dans la littérature une série de protagonistes issus tout droit de mondes fantastiques.

On voit ainsi s’écrire un bréviaire de visages et de corps qui jouent avec les formats de la toile pour invoquer des personnages. Tout se joue là, sur scène, juchée en hauteur sur un parquet vernis où pourrait sortir à tout moment de trappes dissimulées les créatures imaginaires provenant du rêve d’un fou. S’entourant ainsi d’une iconographie des ballets russes, des tragédies d’opéra italien du XIXe pour arriver à cet instant précis et court où le mouvement d’un corps en train de danser devient son geste à elle.

Toutes ces figures déformées et figées semblent revêtir des allures de bêtes monstrueuses.
Si les figures se démultiplient ici, la récurrence du motif construit la trame de l’histoire. C’est le fil de la narration qu’on attrape rapidement de l’œil, le décor où va voir se jouer la scène. Cet arrière plan, comme dans la peinture figurative, sert de fond pour accrocher des formes, en ayant volontairement laissé disparaître la perspective.
Ses héros collent à leur motif, ils y sont englués. C’est ainsi qu’on s’y retrouve cramponné à notre tour, tout proche, sans plus avoir le recul nécessaire pour les critiquer. On voit les figures qui commencent à chuchoter entre elles de toiles en toiles. Plus on essaye de les suivre moins on arrive à s’en défaire et l’on cherche à trouver le sens de ces conversations insensées.

La gravure à l’entrée de l’exposition, petit portrait du poète, joue avec les codes classiques de la peinture, le détournant au maximum pour qu’il devienne sur un morceau de tissu les restes d’Armando Buscarini. Le portrait devient un simple collage de formes, un simple rattachement de petits bouts de rien du tout, qui rappelle l’étrange et complexe formation du caractère de l’être humain. Le poète, torturé et inquiet transpose ses peurs sur les protagonistes qu’il a créé. Tout est objet à interpréter, l’histoire de la peinture se mêle à celle du théâtre. Tant qu’il s’agit d’histoire à raconter, Lauren Coullard nous laisse la place de l’inventer.

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10x15cm, engraving plaque
Armando Buscarini, 2016: 10x15cm, engraving plaque

10x15cm, engraving plaque
Armando Buscarini, 2016: 10x15cm, engraving plaque

250x150cm, acrylic on canvas
Aldagise, Perséphone, Narwhal: 250x150cm, acrylic on canvas

250x150cm, acrylic on canvas
Aldagise, Perséphone, Déméter: 250x150cm, acrylic on canvas

250x150cm, acrylic on canvas
Aldagise, Perséphone, Déméter: 250x150cm, acrylic on canvas


exhibition view 

95x65cm, pastel on cotton
You better run, 2016: 95x65cm, pastel on cotton

35x27cm, canvas & wall painting
Shaking Edges, 2016: 35x27cm, canvas & wall painting